Transgrancanaria 2026 : Albon au sommet, le trail mondial au rendez-vous !

sommet vainqueur course victoire élatant

Cette semaine du 4 au 8 mars 2026, c’est au milieu de l’océan Atlantique qu’il fallait poser ses bagages, et plus précisément du côté de l’île ibérique de Gran Canaria, pour le premier rendez-vous mondial du trail running. Depuis des mois, les inscriptions étaient complètes et ce sont pas moins de 6 000 coureurs de 75 pays différents qui ont répondu présents afin de boucler l’une des 8 courses que propose l’événement, allant de 5 à 125 km, des plages au sommet de l’île.

Plateau d’élite d’exception, anecdotes inédites, résultats finaux, plus belles photos de la semaine : tout est à lire dans la rubrique d’aujourd’hui.

Présentation de l’événement

La Transgrancanaria fêtait en 2026 sa 27ᵉ édition. Organisée par l’entreprise Arista Eventos, qui supervise neuf événements sportifs, la course se déroule sur l’île de Gran Canaria, au cœur des Canary Islands. Elle constitue également la troisième étape du circuit World Trail Majors.

L’événement s’adresse à tous les profils de coureurs, avec des formats allant de 5 km à 125 km pour les plus endurants. La semaine de compétition débute même par un kilomètre vertical dans un décor sauvage et impressionnant.

Toutes les courses sont retransmises en direct sur les chaînes locales ainsi que sur la chaîne YouTube officielle de l’événement, en espagnol et en anglais, permettant aux passionnés de suivre la course à distance.

Pour cette édition 2026, si le spectacle était attendu sur l’ensemble des formats, c’est surtout la distance reine qui concentrait l’attention. À l’annonce figuraient notamment cinq athlètes affichant une cotation supérieure à 910, des vainqueurs de l’UTMB et de la CCC, des vice-champions du monde et de nombreux autres élites prêts à offrir un grand spectacle.

  • CLASSIC : 125 km – 6760 m D+ 
  • ADVANCED : 82 km – 4 700 m D+
  • MARATHON : 46 km – 2 650 m D+
  • HALF : 23 km – 1 930 m D+
  • PROMO : 12 km – 1 040 m D+
  • KV EL GIGANTE : 5 km – 665 m D+

Pour en savoir plus sur la présentation des parcours plus complète, cliquer sur l’article de septembre 2025: Présentation des parcours 2026

202503_SW_AFFILIATION_PACK_ULTRALIGHT_.728x90.gif

Déroulé de la course

Présentation des favoris

Vendredi 6 mars 2026, aux alentours de 23 heures, près de la Playa de Las Canteras dans la ville de Las Palmas de Gran Canaria, l’agitation commence à se faire sentir et les coureurs se rapprochent de l’arche de départ à quelques mètres de l’océan. Parmi les quelque 1 000 coureurs prêts à relever ce défi, certaines silhouettes attirent davantage l’objectif de la centaine de journalistes venus couvrir la course, et non sans raison.

Le premier à s’approcher de la ligne n’est autre que le dernier vainqueur de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, le Britannique Tom Evans. Derrière lui, deux de ses compatriotes avancent ensemble : Jonathan Albon et Josh Wade, respectivement deuxième et troisième l’an passé. Le client suivant n’a rien à envier à ces concurrents puisque l’Allemand Hannes Namberger (4e de l’UTMB 2024, vainqueur de Mallorca by UTMB 2025) compte bien glaner une victoire à son palmarès.

Mais quelques outsiders entendaient bien jouer les trouble-fête : les francophones Vincent Richard (vainqueur du Tor des Géants 2025), Martin Kern et Robin Fournier, ainsi que les Espagnols Borja Fernández et Abel Carretero, pour ne citer qu’eux. Passant plus inaperçue, la légende de la discipline Sangé Sherpa figurait également parmi les partants.

Chez les femmes, plusieurs grands noms étaient également au rendez-vous. La tenante du titre Henriette Albon remettait sa couronne en jeu. Deuxième à deux reprises, l’Espagnole Clàudia Tremps venait chercher son premier sacre, tandis que la Polonaise Katarzyna Dombrowska ou encore la Suissesse Mélanie Delasoie avaient elles aussi une belle carte à jouer.

À noter que plusieurs grands noms de la discipline, qui auraient rendu la course encore plus palpitante, n’ont finalement pas pu prendre le départ. L’Américain Hayden Hawks (vainqueur de la CCC 2024 et double deuxième de la Western States Endurance Run) s’est blessé à quelques jours du départ. La vice-championne du monde 2025 Sunmaya Budha a été contrainte de rester au Nepal en raison d’interruptions du trafic aérien liées à un conflit politique. Enfin, la Suédoise Ida Nilsson, vainqueure du 82 km l’an dernier, était elle aussi forfait pour blessure.

Départ et premières heures

Après un départ de Las Palmas sous un ciel étoilé et 15 °C, le round d’observation et les premiers kilomètres défilent sans trop de précipitation pour la tête de course jusqu’au premier point de ravitaillement, au kilomètre 19, où un groupe de dix coureurs passe pour un arrêt plus qu’express.

Côté féminin, Clàudia Tremps, partie tambour battant aux avant-postes, pointe déjà avec six minutes d’avance sur ses poursuivantes. Cette année, l’Espagnole opte pour une stratégie offensive : celle-ci va-t-elle fonctionner ou va-t-elle exploser en plein vol ?

Moments clés

Le premier tournant de la course intervient vers 3 heures du matin, après 30 km, au ravitaillement de Teror. Comme annoncé, la pluie s’invite à la fête et s’ajoute au froid lié à l’altitude. Ces conditions commencent à marquer les visages, notamment celui du coureur ASICS Tom Evans, toujours dans le groupe de tête mais affichant déjà quelques signes d’inquiétude. Le Belge Vincent Richard mène alors ce groupe qui accélère progressivement et se réduit au fil des heures.

À Fontanales, le premier marathon de course est atteint. Au loin, dans la descente menant au village, quatre frontales fendent la nuit. De qui s’agit-il ? Il faut attendre quelques minutes pour voir apparaître Jonathan Albon, Josh Wade, Tom Evans et Hannes Namberger. Tous regroupés, le combat tant attendu prend enfin place.

Un peu plus loin derrière, la bataille chez les élites féminines n’en est pas moins intéressante. À chaque ravitaillement, l’ordre ne cesse de changer entre la Norvégienne Henriette Albon, la Polonaise Katarzyna Dombrowska et l’Espagnole Clàudia Tremps, qui se livrent une véritable bagarre mentale.

Au petit matin, la mi-course est passée et l’épreuve prend une nouvelle dimension pour les coureurs ayant franchi Artenara. Le parcours atteint alors son point culminant à 1 724 mètres d’altitude et le thermomètre passe sous les 0 °C. Les rafales de vent puissantes, la pluie et le brouillard accentuent encore la rudesse des conditions. En plus du rythme impressionnant imposé par les compères du The North Face, la météo aura finalement raison de Tom Evans, contraint à l’abandon à Cruz de Tejeda (km 75). Un coup dur pour le Britannique, de retour à la compétition après sa victoire à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc à Chamonix l’été dernier. Ils ne sont désormais plus que trois pour prétendre à la victoire finale.

Ces conditions glaciales n’effraient pas Henriette Albon. Habituée aux hivers en Norway, elle prend les commandes de sa course. Seule en tête à El Garañón (km 90), la Norvégienne creuse progressivement les écarts. La Polonaise Katarzyna Dombrowska, pourtant encore en lice pour le podium, est contrainte à l’abandon à ce même ravitaillement, permettant ainsi à la Suissesse Mélanie Delasoie d’intégrer le Top 3.

Arrivée et verdict

Pour Jonathan Albon, la deuxième sera la bonne

Après avoir dû s’avouer vaincu l’an dernier face au récital de l’Américain Caleb Olson, cette fois-ci Jonathan Albon peut avoir le sourire. C’est lui qui lève les bras en vainqueur sous le soleil de Maspalomas. Le Britannique aura fait la différence dans les 35 derniers kilomètres de descente jusqu’à la ligne d’arrivée.

Quelques minutes derrière lui, Josh Wade, qui pointait deuxième au ravitaillement de Ayagaures (km111) à seulement 1’10 de l’Allemand, ne parvient pas à résister à la pression dans les derniers kilomètres. Repris à trois kilomètres de l’arrivée, il ne reviendra plus. Hannes Namberger s’empare donc de la place de dauphin, tandis que Wade doit se contenter de la troisième place, comme l’an dernier.

Chez les Albon, la victoire, une histoire de famille

Il faut croire que les fins de course ont été bien travaillées pour le couple Albon. C’est en effet la Norvégienne Henriette Albon qui vient rééditer son exploit de l’an passé en s’imposant en 15 h 15, reléguant ses poursuivantes à plus d’1 h 33.

À l’image des couples Kilian Jornet / Emelie Forsberg ou encore Dmitry Mityaev et Ekaterina Mityaev, les Albon remportent eux aussi, le même jour, une course de classe mondiale.

La fin de course a en revanche été plus difficile pour l’Espagnole Clàudia Tremps. Partie sur un rythme très offensif, elle finit par payer ses efforts. Émue et en larmes au dernier ravitaillement, elle repart finalement aux côtés de la Suissesse Mélanie Delasoie. Les deux coureuses parcourent ensemble les quatorze derniers kilomètres et franchissent la ligne d’arrivée main dans la main, épuisées mais souriantes.

Place au classement

CLASSEMENT GÉNÉRAL HOMMES CLASSIC 125KM

1. Jonathan Albon 12 : 58 : 08

2. Hannes Namberger 13 : 03 : 10

3.Josh Wade 13 : 07 : 54

CLASSEMENT GÉNÉRAL FEMMES  CLASSIC 125KM

1. Henriette Albon 15 : 16 : 33

2. Claudia Tremps 16 : 49 : 20

2. Mélanie Delasoie 16 : 49 : 20

Témoignages et réactions

Dans l’euphorie de sa victoire et les quelques minutes le séparant du second, le britannique réagit à sa victoire:


« Je suis revenu cette année avec l’objectif de faire mieux que l’an passé (2e place en 2025), et c’est chose faite ! (…) J’adore revenir courir sur l’île car certains passages sont parmi mes préférés sur Terre, notamment le sommet de l’île, qui est vraiment mon endroit favori. »

Arrivée dans une bien meilleure forme que l’an passée et avec une avance suffisante, Henriette Albon reviendra longuement sur sa course:


« Je suis vraiment fatiguée, c’est la course la plus difficile que je n’aie jamais terminée. Les conditions étaient extrêmement compliquées cette nuit : beaucoup de boue et de grosses rivières à traverser dans l’obscurité. Je ne me suis pas sentie bien à plusieurs moments et je ne pensais pas finir la course. »


Et cela aura peut-être été encore plus éprouvant pour les amateurs de cette édition, dont beaucoup ont passé une seconde nuit sur le parcours. Un Français finisher, arrivé au cœur de la nuit, se confiait ainsi :


« J’ai passé Roque Nublo (1 800 m d’altitude) au début de la nuit, avec le vent et la pluie qui me glaçaient le corps. À certains moments, j’avais tellement froid que j’en pleurais sans le vouloir… »


Ces témoignages démontrent une nouvelle fois que, malgré les critiques et le scepticisme de certains concernant l’annonce d’un kit grand froid activé 48 heures avant le départ, celui-ci peut s’avérer essentiel pour limiter les risques d’accident et d’hypothermie.

202503_SW_AFFILIATION_PACK_ULTRALIGHT_.728x90.gif

Point sur les autres courses

Marathon: Martinez Perez au mental, Rharsalla à l’expérience (46km – 2650+)

Autre course très relevée de cette semaine sur la Transgrancanaria, ce marathon au profil descendant, étape des World Trail Majors Short Series, a connu un départ à Tejeda sous la grisaille et quelques gouttes de pluie. Cela n’a pourtant pas empêché les athlètes internationaux de se rendre sur la ligne de départ et d’offrir du spectacle aux centaines de spectateurs présents.

Annoncé grand favori après une saison 2025 aboutie et une victoire sur le 23 km l’an passé, Antonio Martínez Pérez n’attend pas longtemps avant de prendre les commandes de la course. D’abord aux côtés de l’Italien Henri Aymonod, qu’il décroche à mi-course, c’est finalement son coéquipier du team ASICS Miguel Benítez qui le rejoint et parvient même à le dépasser dans le dernier tiers de la course.

Martínez n’abdique pas et, quelques kilomètres plus tard, repasse devant. On se dit alors que l’on va assister, cette année encore, à un duel d’anthologie comme celui entre Francesco Puppi et Robert Pkemoi et leur arrivée au sprint. Mais il n’en sera rien : celui qui a mené la majeure partie de la course finit par l’emporter, devant Fran Anguita, resté au contact tout au long de l’épreuve et qui dépasse Benítez dans les tout derniers mètres.

Du côté de la course féminine, les stars espagnoles de la distance étaient également présentes. Dès le début de course, Nuria Gil ouvre la marche avec une légère avance sur la Marocaine de naissance Ikram Rharsalla. Au fil des kilomètres, la poursuivante comble l’écart et passe devant aux deux tiers de la course, notamment grâce à ses qualités de descendeuse, qui font la différence et impressionnent le caméraman qui la suit sur cette portion.

Ikram Rharsalla finit par s’imposer avec plus de quatre minutes d’avance sur Nuria Gil et 6 min 30 sur l’Italienne Caterina Stenta.

CLASSEMENT GÉNÉRAL HOMMES MARATHON 46KM

1. Antonio Martinez Pérez 03 : 26 : 42

2. Fran Anguita Bayo 03 : 27 : 49

3. Miguel Benitez 03 : 28 : 31

CLASSEMENT GÉNÉRAL FEMMES MARATHON 46KM

1. Ikram Rharsalla Laktab 03 : 46 : 21

2. Nuria Gil Clapera 03 : 50 : 44

3. Caterina Stenta 04 : 02 : 49

202503_SW_AFFILIATION_PACK_ULTRALIGHT_.728x90.gif


Half: Un parcours modifié mais spectacle inchangé (23km – 1930+)

Course attendue de cette semaine canarienne, ce half parvient lui aussi à attirer son lot d’athlètes et de spectacle. Jeudi 5 mars, départ à 9 heures depuis Santa Lucía de Tirajana pour près d’un millier de coureurs en direction de Tejeda. Le rythme est élevé, même très élevé aux avant-postes, et c’est l’Italien Luca Merli qui passe seul en tête au premier point de contrôle, au 5ᵉ kilomètre. Dans la longue montée vers El Garañón, les longues jambes de Santamaría font la différence et lui permettent de lever les bras en vainqueur sous l’arche d’arrivée.

Noyé dans le peloton, le duel entre Roig et Fuentes fait rage durant toute la course. Après un meilleur départ de Fuentes, l’Espagnole du team Scott parvient à reprendre l’avantage pendant l’ascension. Avec 1 min 14 d’avance au sommet, elle s’envole ensuite vers la victoire dans les kilomètres de descente menant à Tejeda. L’Italienne Arianna Dentis, auteure d’une belle course, complète le podium en montant sur la troisième marche.

CLASSEMENT GÉNÉRAL HOMMES HALF 23KM

1. Alain Santamaria Blanco 01 : 53 : 54

2. Marcos Villamuera Izquierdo 01 : 54 : 18

3. Diego Menendez Rodriguez 01 : 58 : 14

CLASSEMENT GÉNÉRAL FEMMES HALF 23KM

1. Estel Roig Fortin 02 : 22 : 39

2. Maria Fuentes Olcina 02 : 24 : 00

3. Arianna Dentis 02 : 26 : 56

crédit photo: Carlos Diaz


Pour retrouver le classement de toutes les courses, rendez vous sur le site de la course: Résultats 2026

Analyse et bilan de l’événement

Avec plus de 6 000 coureurs venus de 75 pays, la Transgrancanaria confirme une nouvelle fois son statut de rendez-vous majeur du calendrier international. Organisée sur l’île de Gran Canaria et intégrée au circuit World Trail Majors, l’épreuve parvient à réunir à la fois une densité d’élites impressionnante et un peloton amateur très international, ce qui renforce son aura dans le monde du trail.

La diversité des formats, du kilomètre vertical jusqu’aux 125 km de la distance reine, permet également de toucher un public très large, des coureurs amateurs aux meilleurs ultra-traileurs de la planète.

Points forts

Avec 27 ans d’expérience, le groupe Arista Eventos maîtrise son sujet depuis plusieurs années et a appris à parer presque n’importe quel problème. Cela, combiné à une forte implication locale des bénévoles, permet à la Transgrancanaria de réussir, une fois de plus, à attirer un très grand nombre d’élites mais aussi d’amateurs internationaux.

Souvent défaillants, les lives streaming d’autres événements peinent à combler leurs heures d’antenne. Mais ce n’est pas le cas ici : l’organisation met en place d’importants moyens pour proposer du son et des images sur l’ensemble de ses courses.

Axes d’amélioration

Bien qu’il soit difficile de trouver beaucoup de « défauts » à cette course, tant son organisation, le décor et l’accueil des coureurs, des médias et du public sont bien rodés, une question principale subsiste pour ce type d’événement en 2026 : l’écologie.

Avoir un rayonnement mondial est une chose, mais faire venir en avion environ 5 000 personnes (coureurs, médias, speakers, traducteurs…) des quatre coins du monde, sur une île de seulement Gran Canaria (1 560 km²), a forcément un impact sur les sentiers, la fréquentation des espaces naturels et l’équilibre de la biodiversité locale.

Bien que certaines mesures existent – limitation des emballages, gestion des ravitaillements ou médailles fabriquées à partir de matériaux recyclés – elles ne compensent pas totalement l’empreinte carbone générée par un événement de cette ampleur.

La Transgrancanaria donne déjà rendez-vous aux coureurs pour sa 28ᵉ édition, qui se déroulera l’année prochaine sur les sentiers de Gran Canaria. Face à l’engouement toujours plus important pour l’événement, les inscriptions ouvriront dès le mois de juillet sur le site officiel de la course, où des milliers de passionnés tenteront une nouvelle fois de décrocher leur dossard pour l’un des rendez-vous majeurs du trail mondial. Site officiel TGC

Crédits photos: Carlos Diaz, Simon Sallé

Si vous avez manqué nos derniers articles sur les courses de 2025, n’hésitez pas à les (re)découvrir: Grand raid du Finistère 2025 et Ultra Trail Cape Town 2025

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *