
Pendant quatre jours, La Réunion a battu au rythme du Grand Raid. Départ de Saint-Joseph, Saint-Pierre, Hell-Bourg, Cilaos et Saint-Paul, arrivée au stade de La Redoute à Saint-Denis : cette 34e édition a vu 5 656 finishers boucler l’une des cinq courses, portés par les familles, les bénévoles et tout un peuple massé au bord des sentiers. Dépassement de soi, solidarité, ferveur populaire : retour sur une édition qui restera dans les mémoires, et que nous avons vécue de l’intérieur.
La Diagonale des Fous : un nouveau visage au sommet
Sur le tracé le plus long de son histoire (180 km et 10 200 m de D+), la Diagonale a tenu toutes ses promesses. Vincent Esmiol a longtemps imposé son rythme en tête. Mais Hugo Deck, 26 ans, a refait son retard dans Mafate avant de prendre les commandes dans la montée du Maïdo. Il ne les a plus lâchées : pour sa première participation, il s’impose en 22h54min19s, arrivé seul au stade de La Redoute vendredi soir.
Formé dans le Var, passé par le basket avant de découvrir le trail à 17 ans, Hugo n’a rien laissé au hasard. Il s’est acclimaté pendant trois semaines à Cilaos et a reconnu le nouveau passage par Hell-Bourg. Sur le parcours, sa mère et sa grand-mère l’ont suivi de point en point. À l’arrivée, un message simple : « La Réunion m’a accueilli magnifiquement et je la remercie du fond du cœur. »
Derrière lui, Robin Juillaguet, seulement 13e à Hell-Bourg, a signé une remontée spectaculaire jusqu’à la 2e place, devant le Belge Jérôme Vanderschaeghe.
Chez les femmes, Ruth Croft a mené de bout en bout. La Néo-Zélandaise, lauréate de l’UTMB 2025, remporte sa première Diagonale en 27h13min23s et se classe 11e au scratch.
| Hommes | Temps | Femmes | Temps | |
|---|---|---|---|---|
| 🥇 | Hugo Deck (FRA) | 22:54:19 | Ruth Croft (NZL) | 27:13:23 |
| 🥈 | Robin Juillaguet (FRA) | 23:51:54 | Alyssa Clark (USA) | 28:26:53 |
| 🥉 | Jérôme Vanderschaeghe (BEL) | 24:10:35 | Agathe Bes (FRA) | 29:05:19 |
La fierté péï : Judicaël Sautron, 44 ans, termine 4e au scratch en 24h38min40s et décroche pour la quatrième fois le titre de premier Réunionnais. Sur des sentiers qu’il connaît par cœur, il signe le meilleur chrono et le meilleur classement de ses six Diagonales, salué par une Redoute debout.
Les chiffres de la Diag : 2 126 finishers, soit 76,83 % de taux de finishers, pour 641 abandons.
Tous les temps de tous les participants de cette édition unique du Grand Raid 2026
Grand Raid, les autres courses : de la bagarre jusqu’au bout
Parce qu’il n’y avait pas que des fous pour s’élancer dans la diag’ il y avait aussi plein d’autres courses pour tous les niveaux de folie :
Le Trail de Bourbon (106 km, Cilaos → La Redoute)
Deuxième l’an dernier, le Réunionnais Alexandre Dépêche a pris sa revanche : seul en tête une grande partie de la nuit, il s’impose en 13h49min56s devant Simon Bulloz et Kévin Lago. Chez les femmes, le final le plus serré de l’édition : Camille Guy l’emporte en 17h35min41s avec 11 secondes d’avance seulement sur Marlène Cugnet, après 106 km de course ! Victoria Devouge complète le podium. 1 017 finishers (82,62 %).
La Mascareignes (75 km, Hell-Bourg → La Redoute)
En tête du premier au dernier pointage, Florian Bernabeu-Seguy, champion de France de trail long, s’impose en 8h13min32s, avec le Malgache Nirina Haja à un peu plus de quatre minutes. Claire Jacquin s’envole chez les femmes en 10h11min27s, avec 47 minutes d’avance. 1 221 finishers (88,74 %).
Instant suspendu à La Redoute : Blandine L’Hirondel, lauréate de la Diagonale 2025, a franchi la ligne en 11h57min30s, entourée de son équipe, en mémoire de Lola. Une course menée jusqu’au bout malgré une épaule luxée, et une arrivée qui a ému tout le stade.
Le Métis Trail (51 km, Saint-Paul → La Redoute)
Tibère Debizet s’impose avec autorité en 5h17min08s devant Loïck Lecoufflard. Sur la 3e marche du scratch, Julie Lelong, première femme en 5h59min40s, qui partage le podium… et la vie du vainqueur. Lisa Delacroix et Mathilde Compoint complètent le podium féminin. 540 finishers (86,26 %).
Le relais Zembrocal Trail (160 km, 8 460 m D+)
C’est lui qui a lancé la fête : jeudi à 17 h, 205 équipes de quatre relayeurs ont quitté Saint-Joseph. La team « Zembro sous BBL » s’impose en 21h03min42s. Chez les femmes, le « Training Paillettes Club » et « Les Papang’ de la Prudence », l’équipe de la reine des sentiers Marcelle Puy, ont animé la course de bout en bout. 188 équipes finishers (94 %).
Grand Raid, l’aventure en vidéo : Avec Sandra et Serge en inside de la diag
Corff y était ! Serge, Sandra, Fabienne et Amélie ont pris le départ de la Diag, certaines caméra à la main, pour vous la faire vivre de l’intérieur jusqu’à la ligne d’arrivée. Que vous prépariez la vôtre ou que vous soyez simplement curieux, voici ce qu’il faut retenir.
Avant la course : bien préparer sa valise et son sac
Un accueil qui donne le ton. Dès la sortie de l’avion, les coureurs sont accueillis en danse et en musique. Vous ne serez pas seul : on est trés nombreux à venir ici pour le Grand Raid 2026 !
Ce qu’il faut emporter pour la. diag, dans sa vidéo, Serge détaille tout ce qu’il a pris sur la Diag, avec petites astuces pour alléger la valise et le sac du jour J :
- des lunettes pour la nuit ;
- plusieurs paires de chaussures, adaptées à tous les terrains ;
- des vêtements de pluie, mais aussi de quoi se protéger du soleil ;
- de quoi s’alimenter et s’hydrater pendant l’effort (quoi boire, comment manger en course) ;
- des batteries et une caméra pour filmer ;
- une frontale solide pour les nuits à venir.
Préparez tout à tête reposée. Cela vaut pour le sac de la première base de vie comme pour celui du ravito suivant : prévoyez tous les « au cas où ». Avec la fatigue, on perd en lucidité, il vaut mieux ne rien laisser au hasard dans la diag.
Gardez l’essentiel en valise cabine. Un bagage qui arrive en retard, voire pas du tout, et c’est la course qui est compromise si vous n’avez pas votre matériel. Les indispensables restent toujours avec vous.
La diag, le départ : une ambiance de folie
Malgré l’heure avancée, l’ambiance est incroyable au départ. Les joélettes sont aussi de la partie pour la diag, pour que chacun puisse participer à la course qu’il souhaite et selon ses moyens. Une grande force à tous ceux qui entourent les goélettes et permettent de vivre ces aventures !
Les premiers kilomètres bouchonnent.
Énormément de monde au départ : ça marche, ça bloque même sur certains passages. Pas de panique, il faut s’y attendre et ne pas griller son énergie. Sandra a filmé ces bouchons de l’intérieur, ce qui permet de voir la course à différentes vitesses. Elle partait de loin… et a pourtant terminé première de sa catégorie ! Avec nos coureurs inside, on a les meilleurs 😉
Bon à savoir : il faut garder le t-shirt officiel de la Diag pendant au moins le premier kilomètre et l’avoir à l’arrivée.
La première nuit et la matinée : le froid puis la boue
La course est jugée très difficile (enfin, pas pour Hugo, qui l’a bouclée en un peu moins de 23 h…#tout notre respect). Dès la nuit, les températures baissent : il faut ajouter des couches, passer un peu plus de temps aux ravitos, et se couvrir à fond.
Au lever du soleil, on découvre enfin les magnifiques paysages que l’île nous offre. Mais la course est humide, et la boue s’invite. Les guêtres sur les chaussures sont un vrai plus. Arrivée à Marabout : on patauge !
Le point culminant, au 70e km
C’est ici qu’on a laissé le plus de jus : 4 140 m de dénivelé déjà dans les jambes, la montée a tout pris. Sur la nouveauté dans le cirque de Salazie, on s’attendait à de la pluie et de la boue certes, mais il y en a eu plus que prévu.
Les conseils à retenir :
–Les appuis changent et les pieds s’usent plus qu’à l’habitude à force de patauger.
-Certains passages sont dangereux : restez maître de votre vitesse et de vos appuis.
–Remplissez vos gourdes à chaque point d’eau : la soif peut vite se faire sentir entre deux ravitos.
À la base de vie de Hell-Bourg, ne comptez pas sur le grand confort : douche mais froide et pas de lit de camp au programme. Viennent ensuite des passages à travers des rivières, toujours aussi beaux, mais le corps fatigue et il faut redoubler de vigilance.

D’ailleurs, un immense merci aux bénévoles et au SAMU, qui s’occupent des coureurs épuisés, les couvrent et les réveillent à l’heure demandée. Même avec une météo difficile, l’accueil reste exceptionnel !
La deuxième nuit : le vrai test du moral

La première nuit démarre tard, on est frais et excité par le départ. La seconde, elle, casse un peu le moral : soyez prêts mentalement. La pluie cessera en cours de nuit pour cette édition.


L’astuce pour survivre : programmez votre assistance et dormez avec votre staff. Quand tout est prêt à votre arrivée au ravito, il n’y a plus qu’à vous poser dans le lit de fortune, qui sera le meilleur de votre vie à ce moment-là.
Le Maïdo et la fin de parcours

Dans la montée du Maïdo, on se fait des compagnons de route : on passe des heures avec des inconnus dont on ignore même le prénom, mais avec qui on vit des moments intenses.
Beaucoup de bitume ensuite jusqu’à l’îlet Savanah : attention, la base de vie n’est pas au km 140, elle est plus loin. Sur ce tronçon, les coureurs se mélangent avec ceux des autres courses, parfois bien plus frais que vous. C’est aussi ce qui explique tout ce monde au bord des sentiers pour applaudir et motiver.

À La Possession, regain d’énergie et de moral : il reste 2 km, puis c’est l’attaque du fameux Chemin des Anglais, et enfin la dernière descente vers La Redoute. Corff conseil : du volume, des marches et encore des marches, et une bonne gestion de l’effort pour arriver en forme.
L’arrivée : la meilleure sensation du monde

Entrer dans le stade de La Redoute, c’est la meilleure sensation du monde. Serge franchit la ligne en 42h40, en dansant ! Et un grand bravo à Sandra pour sa première place dans sa catégorie. A Fabienne et Amelie pour leur performance. Fabien , Aina et tous ceux qui nous ont supporté mais aussi supporté chaque coureurs qu’ils croisaient.
Le bilan de cette 34e édition

5 656 finishers (dont les 752 relayeurs des 188 équipes finishers du relais) 16 % d’abandons sur l’ensemble des cinq courses Un âge moyen des coureurs de 43 ans.
Derrière chaque arrivée, il y a des bénévoles mobilisés jour et nuit sur les ravitaillements et les points de contrôle, des équipes de secours et médicales, des communes et des partenaires engagés, et un public réunionnais qui a encouragé chaque coureur, du premier au dernier. Comme l’a dit Hugo Deck, « cette édition est aussi la vôtre.«
Petit mot pour notre hébergement : merci à l’hôtel Boutik Hotel 2A , le seul de La Réunion réservé aux adultes, avec rooftop, piscine, bar et hammam. Calme, repos et détente : idéal pour l’après-Diag.

Et vous, vous y étiez ? Ou vous y serez l’an prochain ? Laissez-nous vos avis et vos questions en commentaires, on adore vous lire et connaitre vos chronos aussi !
On se retrouve sur nos derniers tests fraichement mis en ligne <3
Crédit photos : Fb Grand Raid Réunion








