
À l’occasion du désormais célèbre Triathlon Audencia La Baule 2026, organisé les 19 et 20 septembre, Axel Alletru est venu rappeler que le sport est bien plus qu’une succession de performances chronométrées. Rencontre avec l’homme derrière le projet #JePeux2026.
Triathlon Audencia La Baule : Une équipe engagée autour d’un même objectif
Lors de cette 39ème édition du triathlon baulois, Axel Alletru avait réuni autour de lui plusieurs équipes composées de personnes valides et en situation de handicap. Ensemble, ils ont porté haut les valeurs qui animent le projet #jepeux2026 : solidarité, partage, persévérance et confiance. L’ancien pilote de motocross devenu sportif de haut niveau après son accident poursuit son ambition: démontrer que les limites sont souvent faites pour être dépassées.
Au-delà des performances sportives réalisées tout au long du week-end, il était beau de voir que la force d’un groupe qui marque les esprits. Chaque participant a démontré que le dépassement de soi n’appartient à personne en particulier et que le sport peut devenir un formidable outil de cohésion et d’inclusion.
« Les projets #jepeux ont commencés avec ce défi lors du Paris Dakar en 2020 où j’étais seul à vouloir me challenger. Mais cette fois c’est le 4ème projet, il est différent, il a évolué. On accompagne des personnes handi ambassadeurs comme moi et on crée des équipes avec des valides dans un esprit d’entraide, de cohésion et de dépassement de soi. »
#jepeux2026 : un projet qui fait bouger les lignes
Pour ce projet tout particulier, sur un format S de triathlon, Axel Alletru poursuit un objectif: sensibiliser le grand public au handicap tout en donnant envie d’agir. Le projet repose sur une idée simple mais puissante : montrer par l’exemple que chacun peut accomplir davantage qu’il ne l’imagine.
À travers les défis sportifs, les rencontres et les témoignages, Axel transmet un message d’espoir qui trouve un écho bien au-delà du monde sportif. Chaque nouvelle étape est l’occasion de rassembler, fédérer et inspirer. Qu’ils soient para-athlètes, sportifs valides ou participants en situation de handicap ou non, tous sont unanimes, ce week-end a construit plus que des souvenirs.
Triathlon Audencia La Baule : Des partenaires pleinement engagés
La réussite du projet #jepeux2026 repose également sur l’implication de partenaires convaincus que le sport peut être un accélérateur de changement sociétal.
Leur soutien permet d’accompagner les actions menées tout au long de l’année, d’organiser les défis sportifs et de favoriser la participation de personnes en situation de handicap à des événements majeurs comme pour ce week-end de triathlon.
En s’engageant aux côtés d’Axel Alletru, ces partenaires contribuent concrètement à promouvoir l’inclusion, l’égalité des chances et le regard positif porté sur la différence.
Un message universel

Présent tout au long du week-end à La Baule, Axel Alletru a une nouvelle fois démontré que la véritable performance ne se mesure pas uniquement en kilomètres parcourus ou en secondes gagnées. Elle se mesure aussi dans la capacité à rassembler, à inspirer et à faire évoluer les mentalités.

Avec ce projet, il porte un message simple mais profondément universel : oser croire en ses capacités est souvent le premier pas vers l’extraordinaire.
Interview : 10 questions pour changer de regard

CORFF Mag: Salut Axel, à quelques heures du lancement, qu’est-ce qui t’occupe le plus l’esprit: l’organisation, la course, les équipes ?
Axel ALLETRU: J’ai à la fois la préparation, parce que je suis à l’organisation de ce grand projet, gérer les 100 personnes, et donc 100 vélos, 100 combinaisons, 100 trifonctions. C’est aussi l’organisation du gala ce soir samedi à l’hôtel Barrière L’Hermitage de La Baule. Mais au final, ma priorité c’est que tout se déroule bien et que tout le monde passe un bon moment.
CM: Tu fais tes défis seul. Pourquoi passer au collectif, et qu’est-ce que ça change vraiment pour toi ?
Axel: En réalité, après le Touquet, je me suis dit: “c’est cool, j’ai des partenaires, des supporters qui sont autour de moi, j’aimerai bien leur faire expérimenter le projet, pédaler avec moi par exemple.” Alors est née l’idée de Paris Roubaix. Et maintenant c’est encore plus collectif autour d’un triathlon.
CM: Dimanche à 14h, à quoi tu verras que c’est réussi ?
Axel: Je pense que l’objectif c’est déjà de se mettre tous à l’eau. Il n’y a pas de notion chrono, c’est vraiment aller au bout ensemble.
CM: Comment l’organisation a-t-elle adapté la mise à l’eau, les zones de transition, les parcours ? Qu’est-ce qui manque encore ailleurs ?
Axel: L’organisation et l’équipe autour est déjà au top. Je vais le découvrir parce que je pourrais dire les problèmes d’accessibilité. Il faut dire qu’ils ont déjà mis en place pas mal de choses avant ce projet. Après ce sont les équipes qui vont s’entraider, ça fait partie du projet.
CM: On le sait, tu viens de la natation à haut niveau. Quel est ton rapport avec les trois disciplines qui t’attendent, laquelle te plaît, laquelle t’inquiète ?
Axel: Naturellement la natation, 12 fois titré en compétition, je vais me sentir à l’aise. Je dirais la partie course à pied car je n’ai pas de fauteuil spécifique, donc ça sera un p’tit challenge bien que je n’ai pas d’objectif.
CM: Tu aimes « challenger les valides », et là on parle d’entraide. Comment concilies-tu le compétiteur et l’esprit d’équipe ?
Axel: En faisant que toute l’organisation se passe bien et que les gens prennent vraiment du plaisir. Je vais vraiment être en dilettante et on oublie le chrono.
CM: Qu’est-ce qui change chez un participant valide après un triathlon avec un handi-ambassadeur ?
Axel: Là je dirais que pour eux c’est une inconnue, accompagner un handi ambassadeur. Pour eux c’est une chose qu’ils n’ont jamais faite. Ils ont tous un peu le stress de dire “comment on va les accompagner, de quelle manière on va devoir les aider”. Je pense que tout ça va créer de la richesse, de l’inclusion, et c’est ce qu’on veut aujourd’hui. On veut que tout le monde soit ensemble. C’est pour ça qu’on a voulu mélanger Handi et valides.
CM: Un week-end suffit-il à changer un regard ? Qu’est-ce qui doit suivre en entreprise ?
Axel: Pas forcément, mais chaque petit pas contribue à améliorer les choses. C’est une petite goutte d’eau dans un grand vase, ce week-end ce vase c’est l’Atlantique et demain en entreprise se jeter à l’eau ça sera de changer de regard sur les situations de handicap en général.
CM: Comment évitez-vous que les handi-ambassadeurs deviennent un outil pédagogique pour les valides ?
Axel: En les traitant comme des humains. Je pense que certains handi ambassadeurs vont être plus forts que certains valides. J’ai hâte de voir ça.
CM: Quand as-tu pensé pour la dernière fois « je ne peux pas » ?
Axel : Tout simplement dans mon quotidien. Pas forcément dans l’exploit ou la compétition mais vraiment face à des situations du quotidien où il faut être réaliste face à son handicap et accepter simplement que ce n’est pas possible.
CM: Merci Axel, on te souhaite une belle réussite demain pour ce triathlon et ce projet.
Axel: Merci, n’hésitez pas à nous soutenir, en en parlant autour de vous, en partageant pour favoriser et rendre possible “peut être” un projet #2027 encore plus intense.

Crédit photos : ©Nolann Baranger / ©Fabien Roselle / ©Margot Lussiez
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