
Crédit photo @benoit_bfm
HK100 par Ferdinand-Clovis Airault, alias The Magic Runner, reporter pour CorffMag, coureur passionné, conteur d’aventures et explorateur des limites humaines, là où la magie se glisse à chaque pas.
Ancien trader devenu ultra-traileur professionnel et magicien, Il vous emmène au cœur d’une des courses les plus emblématiques d’Asie : le HK100. De la salle des marchés aux sentiers escarpés, il n’y a qu’un pas… ou plutôt 100 kilomètres. Récit d’une aventure entre bitume et jungle, douleur et euphorie.
HK100, Un Pays, deux systèmes, mille sentiers
Hong Kong est un paradoxe. Connue pour sa géopolitique unique et son statut de centre économique mondial, cette mégalopole attire d’abord pour son effervescence. Pour y avoir vécu, je la compare souvent à New York : une énergie brute, incessante.
Mais ce qui distingue Hong Kong de toute autre ville de cette envergure, c’est sa nature. Un véritable terrain de jeu accessible à 10 minutes à pied de n’importe où. Grâce à un réseau de transport hors pair (ferry, métro, bus, taxi) peu onéreux et terriblement efficace, on passe des gratte-ciels à la jungle en un clin d’œil. C’est ce contraste qui fait la beauté du HK100.
HK100 Le festival du trail : Une ambiance électrique
Ce 22 janvier, direction la péninsule de Sai Kung pour la première épreuve des World Trail Majors. Le festival du HK100 propose trois formats : le 33km, le 56km et l’épreuve reine de 103km (le « Full »). Certains « fous furieux » tentent même le « Grand Sam » (enchaîner les trois courses en trois jours), un défi titanesque popularisé par Casquette Verte.
Au retrait des dossards, l’ambiance est cosmopolite. On y croise les marques locales incontournables comme T8 (réputée pour ses sous-vêtements anti-frottements, un must là-bas) et Kailas. C’est aussi l’occasion de saluer les élites : Veronika Leng, Eszter Csillag, ou chez les hommes, les stars chinoises et internationales comme Dakota Jones et Abel Carretero.
HK100 Le départ : Stratégie et vitesse
Le départ est donné plus tôt cette année pour profiter de la fraîcheur. 3, 2, 1… C’est parti ! Et ça part vite, très vite.
Les 10 premiers kilomètres sont une route vallonnée entre le réservoir vert émeraude et la Mer de Chine. Le panorama est unique.
Mon choix matériel : Pour cette première partie roulante (41km et 1000m D+ avec 55% d’asphalte), j’ai opté pour les Hoka Carbon X3. Pas de bâtons pour l’instant. Une stratégie audacieuse pour économiser de l’énergie avant le gros du dénivelé.
Dans le dur : La chaleur et la « Pain Cave »
Passé le CP1 et une plage de sable blanc magnifique, on entre dans le vif du sujet. 2000 coureurs à l’assaut de 93km réels et 5300m de D+.
Au CP2, mon équipe média est en place. Benoit, mon crew chef, gère les ravitaillements comme un pro.
Au CP3, je retrouve Angie et Marcus. Tout est fluide, sauf un détail crucial : l’oubli du « Ice Bandana ». Erreur fatale. Même en hiver, à 10h du matin, le soleil de Hong Kong tape fort.
Au CP4, Danni (de l’équipe Kailas Fuja) a fait la randonnée pour m’apporter mes bâtons Leki, mon sac WISE et mes chaussures de trail Norda 005. C’est le moment de changer de braquet. Je prends ma nutrition : gels BIX et Maurten (via The Feed). Mais les crampes guettent. J’avale trois cuillères de sel pur. C’est brutal, mais nécessaire. Toujours pas de glace… Je m’asperge d’eau et repars.
Le segment vers le CP6 est un calvaire. Des marches interminables, une chaleur étouffante. Autour de moi, c’est l’hécatombe. Je double des concurrents livides, d’autres qui vomissent. Même les favoris souffrent. Je passe en mode survie : un pied devant l’autre. « Un, deux. Un, deux. »
La magie opère : Le « Runner’s High »
Au CP6, le miracle arrive enfin : le Ice Bandana ! J’ajoute mon bandeau Omnius sur le front. C’est un système de refroidissement qui agit presque comme un placebo magique sur le cerveau. Je repars plus frais.
Je continue de m’hydrater agressivement avec les électrolytes BIX. Si les crampes reviennent, c’est « Game Over« .
Au CP7, petite frayeur : le point de contrôle a bougé. Un coup de stress qui se transforme en adrénaline. L’accueil par les Scouts est phénoménal. Coca, gâteaux, cris d’enfants. Je leur fais un mini tour de magie (un check 👊 et une disparition), et je m’envole.
Soudain, les jambes reviennent. Je traverse « Hanuman Land » et ses singes spectateurs. Je me sens pousser des ailes. C’est ça, la magie de l’ultra : on visite la « pain cave« , c’est sombre, c’est dur, mais si on garde le mental, on finit toujours par trouver la sortie.
Le final : Needle Hill et Tai Mo Shan
Il est 15h, le soleil descend. J’attaque Needle Hill. C’est violent : des marches, encore des marches. Les spectateurs crient « Gar Yau ! » (Allez, allez !). Ça nourrit l’égo. Je rattrape un coureur, puis un autre.
Au sommet de Tai Mo Shan, le point culminant de Hong Kong, je prends une seconde pour respirer. Je contemple cet archipel qui a été mon berceau sportif en 2018. C’est ici que ma vie a changé, passant de la finance à l’aventure. M’goy (merci) Hong Kong.
Je dévale la dernière descente à 4:00/km. Je franchis la ligne en 10h05.
Je tombe dans les bras de mon ami Alex (Team T8), arrivé juste avant moi. C’est le seul amateur du Top 10, un père de famille avec un job à plein temps. Sa performance force le respect.
Résultat : 8ème. Le chiffre porte-bonheur en Asie. Pas loin du Top 5, mais les premiers (sous les 9h) sont dans une autre galaxie.
HK100 Clap de fin
Je récupère mon hoodie de finisher rouge, je fais un dernier tour de magie sur scène, et nous filons fêter ça chez Casa 218, la cantine espagnole de mon ami Pierre. Une bouteille de vin, des tapas, et des amis. C’est aussi ça l’ultra.
Prochaine étape ? La Thaïlande pour un show de magie, puis la Black Canyon aux USA. L’objectif est clair : passer sous les 10h en 2026.
L’avis du coach : Comment concilier performance et vie pro ?
Beaucoup me demandent « comment s’entraîner pour une telle épreuve avec un emploi du temps chargé à Hong Kong ? ». C’est la mission de ma structure, Trail Blaze ABC.
Coacher des professionnels occupés pour qu’ils puissent réaliser des défis fous sans sacrifier leur carrière.
Sur ce HK100, Trail Blaze a également accompagné des entreprises. Nous avons facilité la création d’équipes « corporate » pour représenter leur firme. C’est un outil de team building surpuissant. Si Alex (Top 10 et papa qui bosse) peut le faire, vous le pouvez aussi avec le bon encadrement !
Fiche pratique HK100
• Pour qui ? Accessible à tous, du randonneur à l’élite (barrières horaires larges).
• Quand ? Janvier (météo idéale, fraîche mais attention au soleil).
• Matériel recommandé :
• Chaussures : Hybrides (type Hoka Carbon X pour le début) + Trail technique (type Norda/Vibram) pour la fin.
• Nutrition : Soyez autonomes. Utilisez des services comme The Feed pour avoir vos marques habituelles (Maurten, etc.). Ne zappez pas les électrolytes (BIX est top pour l’humidité asiatique).
• Anti-frottements : Sous-vêtements T8, indispensables avec l’humidité.
• Logistique : Le réseau de taxi et MTR rend l’accès aux points de contrôle facile pour votre équipe.
• Le petit plus : Prévoyez de la glace (Ice Bandana) dès le matin. Ne faites pas la même erreur que moi !
Corffmag remercie chaleureusement Ferdinand-Clovis Airault, alias The Magic Runner, pour sa fidélité et son engagement à nous offrir des contenus toujours plus originaux. Grâce à sa plume agréable et sincère, autant qu’à ses performances spectaculaires, il nous fait voyager au cœur de l’effort et de l’aventure, là où la course devient récit.
N’hésitez pas à l’encourager en commentaires, à partager vos retours… et à lui proposer des courses toujours plus folles, des défis inattendus et des aventures hors normes.
Le Magic Runner adore relever les défis 😉
👉 Suivez ses aventures sur Instagram et YouTube pour prolonger l’expérience et découvrir l’univers unique du Magic Runner.









