
Raidlight Desert Trophy 2026 : Après avoir présenté l’événement, ses formats et son décor saharien exceptionnel, place maintenant au cœur de la compétition. (Vous avez raté le premier article qui décortique les courses ?Juste ici vous rattraperez votre retard pas d’inquiétude)
Car cette édition marocaine 2026 ne s’est pas contentée d’être belle : elle a été intense, marquante… et sportivement relevée.
Entre dunes de l’Erg Chegaga, djebels de Zagora et immensité du Parc National d’Iriki, le désert a sélectionné ses champions.
Des dunes, du sable et des dromadaires, Corff vous place au plus proche de l’evenement
AVANT LA COURSE : L’AVENTURE COMMENCE DÈS L’AÉROPORT
Voyage inclus, direction Marrakech.
Un imprévu peut vite compliquer l’arrivée : des bagages égarés au départ suffisent à faire monter la pression, surtout lorsque le matériel de course est indispensable.
Astuce pratique : lors d’un déplacement avec des équipements précieux ou irremplaçables (chaussures, gilet, nutrition, électronique), il est fortement recommandé de les placer dans le bagage cabine.
Après récupération des effets personnels, le séjour peut alors commencer sereinement, entre nuit à l’hôtel et transfert progressif vers le désert et ses premiers paysages sahariens.
PREMIÈRE NUIT : LE DÉSERT IMPOSE SON RYTHME
Le camp est monté en carré, bien organisé et facile à comprendre. Chaque zone a sa place, tout est clair et fonctionnel. On sent que la logistique est maîtrisée.
Le briefing est précis et concret : sécurité, hydratation, balisage, conseils pratiques. Les informations sont simples, efficaces, sans superflu.
Une sortie de 10 km non chronométrée permet de s’acclimater. Pas de pression, juste l’occasion de découvrir le terrain, tester le matériel et ajuster le sac. Le sable demande déjà quelques adaptations.
La nuit est froide, vraiment froide. Puis en journée, la température grimpe autour de 30°C ressentis, avec un soleil qui tape fort.
Le contraste est immédiat. On comprend vite que dans le désert, gérer son équipement est presque aussi important que gérer son effort.
135 KM EN 4 ÉTAPES, LE CLASSEMENT GÉNÉRAL
Quatre jours pour construire un classement.
Quatre étapes, donc quatre occasions de creuser un écart… ou d’en perdre. Rien ne se joue sur un seul moment. Une très bonne journée ne compense pas forcément une journée difficile.
Il faut surtout être constant : garder une allure maîtrisée, bien s’alimenter, bien s’hydrater, éviter les erreurs. Ne pas se laisser emporter par l’enthousiasme du départ, ni décourager par un passage plus compliqué.
Il n’y a pas forcément une étape décisive.
Ce sont les petits écarts répétés, jour après jour, qui finissent par faire la différence.
Ici, la régularité compte plus que l’exploit.
HOMMES, DOMINATION D’ELMORABITY
| Position | Nom | Temps |
|---|---|---|
| 🥇 1 | Mohamed Elmorabity | 11:56:49 |
| 🥈 2 | Mérile Robert | 12:38:13 |
| 🥉 3 | Nathan Flear | 13:11:47 |
Dans “son” Sahara, Mohamed Elmorabity était clairement à l’aise.
Il connaît le terrain, il sait comment le sable réagit, où poser le pied, quand relancer et quand temporiser. Dans les dunes, il ne force pas inutilement : il gère, il choisit ses moments pour accélérer.
La chaleur ne l’a pas mis en difficulté. Il a su garder le bon rythme, sans se mettre dans le rouge.
Au final, ce n’est pas un coup d’éclat, mais une course solide du début à la fin. Une victoire construite jour après jour.
FEMMES, LA RÉGULARITÉ DE MARIE PEYRE
| Position | Nom | Temps |
|---|---|---|
| 🥇 1 | Marie Peyre | 15:15:16 |
| 🥈 2 | Esther Morreel | 15:46:23 |
| 🥉 3 | Tomomi Bitoh | 15:59:38 |
Marie Peyre a gagné en restant régulière du début à la fin.
Pas de départ trop rapide, pas de coup de moins bien marqué. Elle a géré son effort, gardé la tête froide et avancé à son rythme, étape après étape.
Toujours lucide, toujours propre dans sa course.
À noter aussi : les deux premières places chez les hommes et chez les femmes sont prises par des ambassadeurs Raidlight.
ÉTAPE 1, 51 KM
Réveil à 5h30.
Au lever du jour, le camp est déjà démonté.
Les 4×4 sont partis installer l’arrivée et le prochain bivouac.
Les 14 premiers kilomètres passent bien, sur un terrain plutôt roulant.
Puis la chaleur s’installe et complique un peu les choses.
Au 31e km, surprise : un marécage… avec des grenouilles.
Oui, en plein désert. (La vidéo complète vaut le détour.)
Le confort du camp 2 se fait languir.
Douches amovibles, bassines d’eau, confort simple…
Mais après 51 km, c’est largement suffisant surtout en plein désert c’est même un exploit.
ÉTAPE 2, ENTRE DROMADAIRES ET CINÉMA
Beaucoup de coureurs parlent de paysages qui font penser au Roi Lion :
des grandes étendues dorées, un horizon sans fin, une lumière incroyable le matin et le soir.
D’autres évoquent des décors de western.
On se croirait dans un film, sauf que là, tout est vrai. Le silence, le vent, l’immensité.
Et puis, au détour d’un passage, des dromadaires.
En pleine course. Tranquilles. Ils regardent passer les coureurs comme si de rien n’était.
Même les encouragements surprennent :
des personnes installées tout en haut des dunes, dans des endroits où on ne s’attend pas à voir âme qui vive. Ça fait du bien au moral.
Un terrain qui change tout le temps
Le sol ne reste jamais le même :
- Sable très fin : ça s’enfonce, ça fatigue vite, chaque pas demande un effort.
- Sol craquelé : plus dur, mais irrégulier, il faut faire attention où on pose le pied.
- Rochers : ça devient plus technique, on ralentit un peu.
- Pistes 4×4 : plus faciles pour relancer, mais souvent en plein soleil.
On doit sans arrêt s’adapter.
Changer de rythme, gérer son énergie, rester concentré.
Les guêtres deviennent vite indispensables
Dans le sable fin, chaque pas soulève des grains qui cherchent à s’infiltrer partout.
Sans protection, c’est l’irritation assurée… et parfois l’ampoule qui peut gâcher une étape.
Les guêtres Raidlight ne sont plus un simple accessoire :
elles empêchent le sable d’entrer dans les chaussures, évitent les frottements inutiles et permettent de rester concentré sur la course plutôt que sur l’inconfort.
Dans le désert, ce sont les petits détails qui font la différence.

Chaleur le jour, doudoune la nuit
En journée, le soleil tape fort. On court sous près de 30°C ressentis, avec une sensation de chaleur constante, amplifiée par le sable et l’absence d’ombre.
Mais dès que le soleil disparaît, la température chute très vite.
Au camp, une fois l’effort terminé, la doudoune devient indispensable.
Le contraste est brutal : on passe d’une gestion de la surchauffe à une lutte contre le froid en quelques heures.
Encore une preuve que dans ce type d’épreuve, gérer son équipement est aussi important que gérer son effort.
ÉTAPE 3, 28 KM DANS LES DUNES

Départ rapide… puis le sable prend le relais
Le début d’étape se fait sur terrain dur.
Ça file vite. Les appuis sont stables, le rythme monte facilement, on se sent presque léger.
Et puis les dunes arrivent.
Là, tout change.
Le sable freine, les mollets chauffent, le cardio grimpe. Chaque pas s’enfonce, chaque relance coûte plus cher. Il faut accepter de ralentir, gérer, marcher parfois, relancer dès que le terrain le permet.
C’est un autre effort. Plus exigeant. Plus usant.
ÉTAPE 4, LE FINAL ET LE PANACHE

Départ dans le noir, dans ce froid sec du désert qui te réveille plus vite qu’un café. Les frontales dessinent une file lumineuse dans la nuit, chacun encore un peu dans sa bulle. Les premiers kilomètres servent à relancer la machine, à réchauffer les jambes, à trouver le bon tempo sans s’emballer.
L’étape annonce une trentaine de kilomètres roulants. Un terrain qui permet d’envoyer un peu plus, de poser une vraie allure. Le jour se lève doucement, presque sans qu’on s’en rende compte. Le ciel passe du bleu nuit à l’orange pâle, les ombres s’étirent, et avec la lumière, l’énergie monte aussi.
Et à ce moment-là, Serge décide d’appuyer. Notre reporter sportif range la camera pour laisser parler les jambes. L’allure augmente franchement, les positions se gagnent une à une. Ce n’est plus seulement une gestion d’étape, c’est une vraie course. Il tient le rythme, il ne lâche rien.
À l’arrivée : 🥉 3e au scratch sur cette dernière étape.
Quand on sait qu’il a eu un accident dès le premier jour, la perf prend encore une autre dimension. Il aurait pu lever le pied, gérer tranquille. Il a fait l’inverse. Ceux qui savent… mettez l’emoji qu’il mérite en commentaires ahah.
Arrivée dans un riad décoré :
Après l’effort, le contraste est presque saisissant.
On quitte le silence minéral du désert pour franchir les portes d’un hotêl magnifiquement décoré. Dès l’entrée, l’ambiance change du tout au tout. Les murs sont habillés de couleurs chaudes et les drapeaux flottent au-dessus de la cour intérieure comme un rappel des nationalités réunies pour cette aventure.
La musique démarre, rythmée, entraînante. On se regarde, encore un peu fatigués mais déjà souriants. Très vite, la danse s’invite. Les corps, raides quelques heures plus tôt sur les pistes sablonneuses, retrouvent de la légèreté. Ça applaudit, ça rit, ça immortalise le moment. On sent que la compétition laisse doucement place au partage.
Récompenses :
Puis vient le temps des podiums. Derrière chaque montée sur la boîte, il y a des kilomètres avalés, du sable partout, des réveils glacials et des coups de chaud en pleine journée. Les applaudissements résonnent, sincères, nourris. Ici, on célèbre la performance, mais aussi le courage et la solidarité.
Les récompenses sont à l’image de l’événement : authentiques et symboliques.
Les tours de cou aux couleurs du désert, que certains nouent déjà autour de la tête comme un clin d’œil aux locaux.
Les médailles en bois surprennent par leur simplicité élégante. Elles ont quelque chose de brut, de naturel, parfaitement en accord avec l’environnement traversé toute la semaine.
Et puis les trophées en bois et métal, Origine France Garantie, solides, travaillés, avec ce mélange de modernité et d’authenticité. Ils ne brillent pas seulement par leur esthétique, mais par ce qu’ils représentent : une aventure humaine, une amitié fondatrice, et plusieurs étapes intenses au cœur du désert.
Ce n’est pas juste une cérémonie de clôture.
C’est un moment suspendu, où la fatigue se transforme en fierté, et où chacun réalise pleinement ce qu’il vient d’accomplir.
Vivez l’aventure comme si vous y étiez
Juste aprés, découvrez la vidéo qui vous montre tous les paysages en détails, des participants aux dunes de sables et oasis de verdure
Autre course la MX3, 200 KM NON-STOP

Et puis il y a la course en autonomie.
Celle dont on parle un peu moins parce qu’elle est plus silencieuse. Plus intérieure. Plus brute aussi.
Ils étaient 32 au départ.
Pas de peloton dense, pas d’effet de masse. Juste 32 silhouettes face à 200 kilomètres de désert.
Ici, pas de balisage à suivre les yeux fermés. (enfin les 50 premiers kilomètres communs avec l’autre etape mais ensuite il faudra se reperer seul)
C’est GPS en main, trace chargée, et à toi de jouer. L’orientation devient une compétence aussi importante que la vitesse. Une erreur d’angle de quelques degrés, et ce sont des centaines de mètres perdus dans le sable. On apprend vite que le désert ne pardonne pas l’approximation.
Mais l’autonomie, ce n’est pas seulement la navigation.
C’est la gestion totale.
Gérer son eau.
Gérer son alimentation.
Gérer son effort.
Gérer ses moments de doute.
Parce que des moments de doute, il y en a. Forcément.
Quand le soleil cogne, que le vent soulève le sable et que la trace semble s’étirer à l’infini, la solitude devient réelle. On peut passer des kilomètres sans voir personne. Juste le bruit de ses pas, sa respiration, et parfois ce petit dialogue intérieur qui commence :
Pourquoi je fais ça déjà ?
Est-ce que je vais tenir ?
Encore combien jusqu’au prochain point ?
La gestion mentale devient alors la clé. Découper la distance. Avancer point par point. Se concentrer sur le prochain cap plutôt que sur les 200 kilomètres à parcourir.
L’autonomie, c’est aussi cette responsabilité permanente. Personne ne court à ta place. Personne ne décide pour toi de ralentir ou d’accélérer. Chaque choix t’appartient.
Sur 32 au départ, tous savaient que la chaleur, le sable et la fatigue seraient au rendez-vous. Mais ce qui marque le plus, souvent, ce n’est pas la difficulté physique. C’est ce face-à-face prolongé avec soi-même.
Dans le désert, on ne triche pas.
On avance. Ou on apprend.
Et ceux qui franchissent la ligne après 200 kilomètres en autonomie ne gagnent pas seulement une place au classement.
Ils gagnent quelque chose de plus profond : la certitude d’avoir tenu, seuls, face à l’immensité.
Classement général 200 km
Hommes
| Position | Nom | Temps |
|---|---|---|
| 🥇 1 | Joël Archer | 31:07:00 |
| 🥈 2 | Andre Loeffelmann | 36:12:00 |
| 🥉 3 | Julien Fiaffe | 42:34:00 |
| 4 | Jordan Vincendeau | 42:34:00 |
Joël Archer : 200÷31,11≈6,4km/h
Soit environ 9’20/km pendant 31 heures.
Dans le sable. Sans pause prolongée.
Performance majeure.
Femmes
| Position | Nom | Temps |
|---|---|---|
| 🥇 1 | Kathrin Loeffelmann | 36:12:00 |
| 🥈 2 | Silke Sonja Leikheim | 40:50:00 |
| 🥉 3 | Alexandra Rousset | 41:38:00 |
À noter : Kathrin et Andre Loeffelmann terminent en 36h12.
🤝 L’ESPRIT RAIDLIGHT

Au-delà des classements, des écarts en minutes et des podiums, il y a quelque chose qui ne se mesure pas au chrono.
Derrière chaque balise posée, chaque briefing précis, chaque sourire à l’arrivée, il y a deux hommes.
Benoît Laval & Mohamed Ahansal.
Avant d’être organisateurs, avant d’être directeurs de course, ils ont partagé des lignes de départ.
20 ans d’amitié, de courses ensemble, de podiums, de galères aussi. Le genre de relation forgée par l’effort, la sueur et les kilomètres.
Puis, il y a deux ans, cette évidence : créer ensemble une épreuve à leur image.
Pas une course de plus.
Une course avec une âme.
Leur vision est claire et assumée :
Exigence
Le désert n’est pas un décor, c’est un terrain de vérité. Les parcours sont dessinés pour révéler le mental autant que les jambes. Pas de compromis sur la qualité des tracés, sur la cohérence sportive, sur le respect de l’effort. Ici, on vient vivre quelque chose d’intense, pas de superficiel.
Sécurité
Dans un environnement aussi engagé, la rigueur est non négociable. Briefings précis, suivi GPS, organisation structurée, équipes attentives. Derrière l’aventure, il y a une mécanique parfaitement huilée. L’autonomie oui, l’improvisation non.
Chaleur humaine
Et pourtant, malgré cette exigence, ce qui frappe le plus, c’est l’atmosphère.
On est loin d’un événement impersonnel.
Un mot au départ.
Une tape sur l’épaule à l’arrivée.
Une présence constante sur le terrain.
On sent que cette course n’est pas montée par des inconnus derrière un bureau, mais par des passionnés qui savent exactement ce que vivent les participants.
L’esprit Raidlight, c’est cet équilibre rare :
de la performance sans arrogance,
de la rigueur sans froideur,
de l’intensité sans perdre l’humain.
C’est peut-être ça, au fond, la vraie réussite du Raidlight Desert Trophy : une aventure sportive solide, née d’une amitié sincère, et portée par la confiance.
🏁 BILAN SPORTIF

Domination marocaine sur le 135 km
Sur le format en 4 étapes (135 km), les coureurs marocains ont montré toute leur science du terrain.
Lecture des dunes. Gestion de la chaleur. Maîtrise du rythme sur terrain instable.
Ils n’ont pas seulement gagné.
Ils ont imposé leur tempo.
Dans les parties roulantes comme dans les sections plus techniques, leur aisance semblait naturelle. Une manière fluide de courir dans le sable, presque instinctive. Le désert, ici, n’était pas un adversaire : c’était un terrain familier.
Performance solide sur le 200 km
Le 200 km en autonomie GPS a tenu toutes ses promesses.
Un défi brut. Long. Exigeant.
Les finisheurs ont démontré une gestion remarquable : effort maîtrisé, navigation précise, stratégie alimentaire rigoureuse. Sur une telle distance, la moindre erreur se paie cash. Ceux qui ont su rester lucides dans la fatigue ont construit leur performance sur la constance plus que sur l’explosivité.
Le classement final récompense autant la vitesse que l’intelligence de course.
Organisation saluée unanimement
Terrain engagé. Conditions exigeantes. Logistique complexe.
Et pourtant, les retours sont clairs :
parcours cohérents, sécurité maîtrisée, ambiance chaleureuse.
Une organisation à la fois rigoureuse et humaine. Présente sans être envahissante. Structurée sans rigidité.
Dans un environnement comme le Sahara, cela fait toute la différence.
🏜️🔥 Rendez-vous en 2027 ?
Le sable effacera les traces.
Mais pas les souvenirs.
Le désert attend déjà la prochaine histoire, qui sera de la partie ?
CREDIT PHOTO : audreysetbon_photography







