La Western Azuréenne, Zoom sur la première manche de la Ligue Ultra

« Run the League, Race to Tahiti »

Il y a des courses que l’on coche sur un calendrier et puis il y a celles qui s’assemblent pour écrire une histoire. C’est ce rêve qu’Alexandre Picquier, passionné d’ultra-trail et fondateur d’ Outdoor 01 Event a choisi de concrétiser.
Son idée, un peu folle n’était d’empiler les dossards mais de créer un circuit sportif unique autour de quatre ultra-trails de 100 Miles radicalement différents avec au bout la possibilité de décrocher un billet plus le dossard pour jouer la finale de rêve à Tahiti. C’est ainsi qu’est née Ligue Ultra.

Alors que se joue ce week-end le Grand Raid Kiprun 3 Vallées, quatrième et dernière manche de la Ligue Ultra, CORFF Mag a choisi de revenir sur la première page de cette histoire, la Western Azuréenne disputée le 10 avril dernier dans le massif des Maures. Une course vécue de l’intérieur, véritable coup de cœur pour son concept et son parcours.

Cet article vous propose de découvrir en détail ce championnat unique en son genre. Nous ferons une pause vidéo avec l’interview exclusive d’Alexandre Picquier et Cécile Bertin et le film immersif de la Western, enfin retour plus littéral avec le récit d’étape par étape de Sandra Cochini jusqu’à l’émotion de la finish line. 

Les quatre manches de Ligue Ultra

Les quatre manches qualificatives de Ligue Ultra Western Azuréenne

La western Azureene

Avril 2026 : 165 km – 5 000 m D+ à Grimaud

 La Ligue Ultra ne lance pas une simple première manche, elle s’offre le luxe d’en faire une « première édition » à part entière. Un sacré coup de poker pour un concept déjà unique.

« Enfant je passais mes vacances chez mes grands-parents à port Grimaud et j’ai toujours rêvé de faire un ultra-trail dans ce secteur du golf de St Tropez qui était dépourvu d’épreuve …Nous avons réussi à convaincre les élus que la région pouvait proposer autre chose que des Yachts et du Bling Bling » nous explique Alexandre Picquier dans notre vidéo.

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La Western Azuréenne au départ de Grimaud propose une douce balade bucolique dans le massif des Maures jusqu’au golfe de Saint-Tropez. Un circuit féérique mêlant forêt enchantée, vestiges, pierres sèches, pistes roulantes, villages emblématiques, et plage. Evidemment des superbes panoramas sur la Méditerranée à coupé le souffle sont au programme du voyage.

Inspirée de la célèbre Western States américaine, elle propose même la présence d’un pacer sur les derniers kilomètres.
Pour en savoir plus rendez-vous en deuxième partie d’article pour découvrir l’inside de Sandra ou visionner notre vidéo YouTube.

Le THP – Trail de Haute Provence Mai 2026 : 165 km – environ 7 300 m D+ à Forcalquier

Pour cette 2ieme manche, direction les Alpes-de-Haute-Provence pour une course plus montagneuse, alternant crêtes, forêts et villages provençaux. Une épreuve réputée pour son caractère sauvage, son parcours assez roulant et qui fait partie des course incontournables de cette belle région.

Le Tiger Balm Ultra 01 Juillet 2026 – 170 km – environ 8500 m D+ à Oyonnax

Cette troisième manche vous amènera sur les reliefs du Bugey et du Jura avec un ultra technique mêlant longues ascensions, descentes exigeantes, passages en forêt et panoramas sur les montagnes environnantes. Un trail que Casquette Verte a gagné plusieurs fois nous raconte Cecile Bertin lorsqu’elle évoque sa rencontre avec Alexandre Picquier dans notre interview.

Le Grand Raid Kiprun – 3 Vallées
Fin juillet début Aout -172 km –12000 m D+ à Moûtiers

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Là aussi, c’est une première édition signée Ligue Ultra, et annoncé comme l’ultra le plus dur d’Europe ! Nul doute qu’il mettra à l’épreuve les coureurs les plus aguerris au cœur de la Tarentaise. Cette « Odyssée Alpine » s’impose définitivement comme la plus exigeante du circuit.

Avec son dénivelé impressionnant au cœur du plus grand domaine skiable du monde, elle offre des panoramas spectaculaires sur les glaciers. Une épreuve hors norme dont seuls les athlètes les plus forts – physiquement et mentalement – sortiront finishers.

Verdict ce dimanche 2 août ! À l’heure où nous rédigeons ces lignes, les coureurs ont quitté Moûtiers depuis une vingtaine d’heures. La team Corff Mag est sur place pour vous proposer très vite un reportage exclusif et une superbe vidéo de l’événement. Stay tuned ! 

Comment gagner son golden ticket

Deux possibilités permettent de décrocher son billet pour la finale qui se jouera le 23 octobre 2026 sur la magnifique trace du Tahiti Moorea Ultra Trail (TMUT)

1) Terminer les quatre courses de la Ligue Ultra sur une période de deux ans.

2) Obtenir un Golden Ticket en terminant sur le podium scratch (hommes ou femmes) de l’une des manches qualificatives.

A la clé, cent Golden Tickets incluant le transport et les dossards pour les meilleurs coureurs

La finale à Moorea, en Polynésie française

La grande finale se déroule lors du Tahiti Moorea Ultra Trail (TMUT), sur l’île de Moorea.

Les qualifiés s’affrontent sur un parcours d’environ 105 km pour 4 520 m de dénivelé positif. Bien que sur le papier cette finale paraisse plus accessible que les 4 Ultra qualificatifs, détrompez-vous !  « c’est une trace très exigeante qui alterne entre jungle hostile, sommets et lagon paradisiaque : de l’enfer au paradis » nous explique Alexandre en direct de Moutiers.

Le classement final de la Ligue Ultra est établi à l’issue de cette ultime épreuve, qui désigne les vainqueurs du championnat dans un décor tropical aussi spectaculaire qu’exigeant.

Si le défi vous tente, vous pouvez vous inscrire aux épreuves individuellement, cependant Ligue Ultra propose une BOX ligue ultra au prix de 750 € qui inclue :

– 1 casque audio à conduction osseuse TNB LIGUE ULTRA COLLECTOR
– une carte numérotée permettant un accès aux espaces sur les différentes manches et des réductions chez nos partenaires
4 dossards valables aux dates de votre choix avec la CARTE JOKER que vous pouvez utiliser de 2 manières si vous abandonnez une manche ou si vous êtes finalement indisponible pour jouer une manche.

Vous bénéficiez alors d’une année supplémentaire pour boucler votre qualification et 50% sur le dossard.

Mais avant les vahinés place à l’interview exclusive d’Alexandre Picquier et Cécile Bertin à Grimaud capturée avant le départ de la Western Azuréenne et l’Inside de Sandra Cochini. Bon visionnage

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Zoom la Western Azuréenne

165 km de montagnes russes émotionnelles – le récit de course de Sandra

Première manche de la toute nouvelle Ligue Ultra, la Western Azuréenne proposait un défi de taille : 165 km et 5 000 m de dénivelé positif à travers le massif des Maures, entre Grimaud, Sainte-Maxime, La Garde-Freinet, La Môle, Cavalaire et Gassin. Une première édition réussie… mais surtout une aventure qui m’aura fait vivre l’un des plus grands ascenseurs émotionnels de ma vie de traileuse.

Western Azuréenne

Départ de Grimaud : l’excitation avant la nuit

22 heures. Les ruelles de Grimaud s’animent tandis que les derniers réglages s’enchaînent sur la ligne de départ. Il y a bien quelques petits imprévus de dernière minute – comme la gourde récalcitrante de Christophe l’ami ultra traileur engagé avec moi – mais l’essentiel est ailleurs : dans quelques instants, je prends conscience que nous allons nous élancer pour une aventure aussi exigeante qu’imprévisible.

Car nul ne sait a ce stade comment l’histoire va se finir.

Et au micro, quel speaker ! Nul autre que Ludo Collet pour faire monter la tension. Sa voix mythique et le son résonne dans un village de Grimaud où les coureurs trépignent d’impatience.

 Top départ ! En un clin d’œil, le peloton s’engouffre dans les ruelles pour s’évanouir dans la forêt. 

Jusqu’à Sainte-Maxime (km 20) : une nuit féerique et une rencontre improbable

Les vingt premiers kilomètres sont un vrai bonheur. Malgré près de 5000 mètres de dénivelé positif, le parcours reste roulant et permet de trouver rapidement son rythme.

Avec Christophe, nous profitons pleinement de cette première partie de course. Les discussions s’enchaînent avec d’autres concurrents, les rires fusent et le ciel, teinté de rouge, donne au massif des Maures une atmosphère presque irréelle.

Le premier ravitaillement de Sainte-Maxime (km 20) La team bénévole est extraordinaire :  ce sont les Maximes Ladies Raid avec en Capitaine Justine Peronnet. Une vraie rencontre pleine d’émotion. Le Mag sera invité à leur événement quelques semaines plus tard (découvrez notre article sur le Maxime Ladies Raid ici –https://mag.corff.fr/maxime-ladies-raid-2026/

Dans ces conditions, le décollage de Sainte Maxime nous relance avec encore plus d’energie au cœur de cette douce nuit (pour le moment)

Plan-de-la-Tour (km 48) : des voyants au vert

La nuit se poursuit dans une incroyable symphonie de grenouilles, d’oiseaux et d’insectes. Loin de m’impressionner, cette cacophonie naturelle rend l’expérience encore plus magique et enivrante.

Après une belle descente technique, j’arrive à Plan-de-la-Tour (48 km) avec près d’une heure d’avance sur mon tableau de marche le plus optimiste. Ici, une assistance de luxe m’attends avec Serge Fortini le CEO du Mag, ultra traileur aguerri et accessoirement mon Coach, la classe  : ravitaillement préparé, gourdes remplies, quelques mots rassurants… difficile de rêver mieux.

À cet instant, tout semble parfaitement maîtrisé.

La Garde-Freinet (km 61) : Première base de vie et premier coup de froid

La course rappelle pourtant rapidement qu’un ultra n’est jamais linéaire.

Le brouillard envahit progressivement les sentiers et les températures chutent brutalement. Les frissons apparaissent, les dents claquent et chaque kilomètre semble un peu plus long. Je suis frigorifiée en arrivant à la base de vie. C’est plus la même limonade !

À La Garde-Freinet, je me requinque avec une soupe chaude et un perrier menthe salutaire. Dans mon sac de délestage j’ai mené un necessaire pour un mois de trek !

Changement complet de vêtements, quelques dizaines de minutes au sec et les mots d’encouragement du coach suffiront à me redonner de la pèche …. Mais je ne suis pas sereine.

Je croise Christophe qui arrive au moment ou je suis prête à repartir. Malgré son genou encore fragile, il m’encourage et m’invite à : « Fais ta course. », alors je file.

Col du Perrier (km 83) : Avec le jour et le soleil, le plaisir revient

La section qui mène au col du Perrier (83 km) est probablement l’une des plus belles du parcours. Les sentiers deviennent plus techniques, serpentent entre les pierres et chênes, les anciens vestiges et les escaliers de pierre sèche.

J’y retrouve le plaisir du trail dans ce qu’il a de plus ludique.

Une petite erreur d’orientation me rappelle toutefois qu’après plusieurs dizaines d’heures d’effort, la vigilance est de mise.

La Môle (km 95) : la moitié est derrière moi

Après le ravitaillement du col ou j’avais passé ma commande blanc de poulet, Orangina…entre autre food « doudou de trail » , direction La Môle, deuxième base de vie située au 95e kilomètre.

Je dépasse officiellement la moitié de course avec des sensations étonnamment bonnes. Le coach et les copains sont là ! Le bonheur : vêtements propres, sac d’hydratation déjà préparé, ravitaillement personnalisé… j’ai presque l’impression d’être une pro ! c’est la première fois que je me fais assister sur un trail et j’avoue que c’est « game changer ».

Je prends également des nouvelles de Christophe. Son genou tient bon !

Cavalaire (km 117) : entre euphorie et improbable burger

La montée qui suit La Môle est exigeante, mais les rencontres rendent l’effort beaucoup plus léger.

Nancy, Tiago puis Jérôme deviennent progressivement des compagnons de route. Les échanges, les encouragements et parfois simplement quelques minutes de marche partagées changent complètement la perception de la difficulté.

Puis vient l’un des plus beaux passages de cette Western Azuréenne : le col de Canadel dominant Cavalaire-sur-Mer. Le récompense ! Les senteurs du maquis, les fleurs, la Méditerranée… difficile de ne pas s’arrêter quelques secondes pour admirer le spectacle.

La piste qui descend sur Cavalaire est très roulante, ça fait du bien ! Elle nous mènera jusqu’à la plage de la Douane (117 km) en passant par les 285 m du tunnel du Dattier : insolite ! Je rate de peu le coucher du soleil sur la Plage de la douane. Le sable à ce stade c’est too much !  Mais Serge m’attend avec une surprise inattendue : un hamburger de cette chaine américaine très connue (….) Bon ok c’est pas dans le dictionnaire du parfait traileur mais après plus de vingt heures de course, c’est exactement ce dont j’avais envie.

Val d’Astier (km 130) : la deuxième nuit

La deuxième nuit est toujours particulière sur un ultra

À Val d’Astier, la fatigue devient immense. Le froid revient, les nausées apparaissent et quelques minutes de repos deviennent indispensables avant de repartir. Je suis dans un état de fatigue extrême et le froid me ronge.

Autre Game Changer que je test pour la première fois : le Pacer. La présence de Patrick changera complètement la dynamique de cette fin de course. Les kilomètres passent plus vite, les discussions occupent l’esprit et les longues montées deviennent plus faciles à accepter.

Gassin (km 147) : plus que 16 kilomètres

Le dernier ravitaillement de Gassin ressemble déjà à une arrivée.

Il ne reste plus que 16 kilomètres, mais ce sont probablement les plus difficiles. Les hallucinations font leur apparition : un panda, un ours, des loups, un immense cow-boy… Le cerveau commence sérieusement à manquer de sommeil.

Les derniers kilomètres

Malgré les nausées, le froid et la fatigue, une chose est certaine : les jambes fonctionnent toujours.

Alors je fais taire le cerveau et je décide simplement d’avancer pour finir ce que j’ai commencé et pour les copains qui m’ont supporté tout du long.

À deux kilomètres de l’arrivée, Serge apparaît une dernière fois en voiture, musique à fond et encouragements par la fenêtre. Un moment inoubliable « lui : alors t’as plus froid ? moi : je veux juste qu’ils arrêtent la clim » Impossible de ne pas sourire à l’approche de la délivrance pour retarder la venues des larmes.

Je m’étais promis une chose : dès que je retrouverais le bitume, je ne m’arrêterai plus de courrir jusqu’à la ligne d’arriver sans plus jamais m’arrêter. Promesse tenue.

Une ligne d’arrivée qui vaut bien plus qu’un chrono

Le jour se lève doucement sur Grimaud lorsque je franchis enfin la ligne d’arrivée.

Après 165 kilomètres, 5 000 mètres de dénivelé positif et plus de trente deux heures d’effort, ce finish représente bien plus qu’une performance sportive.

Il marque la fin d’un début de saison compliqué, récompense des mois de travail et rappelle surtout pourquoi l’ultra est une aventure si particulière : on y découvre autant les paysages que soi-même, une introspection totale et une explosion d’émotions uniques dans l’effort.

Cette première édition de la Western Azuréenne restera gravée dans ma mémoire. Pour son parcours varié, son organisation, ses bénévoles, les rencontres qu’elle a provoquées… et parce qu’elle m’a offert l’une des plus belles revanches.

Et vous pourquoi vous courez un ultra ?

Alors ? On se retrouve à Tahiti ? …. Restez connecté bientôt sur le Mag notre retour sur le Grand Raid Kiprun 3 vallées

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