
Ça y est, la poussière est retombée sur les sommets d’Avoriaz. Le week-end du 3 au 5 juillet dernier, Morzine a une nouvelle fois prouvé pourquoi elle est LE rendez-vous incontournable de la saison Spartan en Europe. Retour sur un événement qui restera gravé dans les mémoires des 1300 guerriers venus en découdre avec la montagne.
Un plateau de courses à la hauteur du mythe
Pour ceux qui n’y étaient pas (et qui regrettent déjà), petit récap de ce qui attendait les coureurs ce week-end-là. Le programme avait de quoi faire trembler les mollets les plus aguerris : une Sprint 5K avec 20 obstacles pour se mettre en jambes, une Super 10K et ses 25 obstacles, une Beast 21K version « pas de limite » avec 30 obstacles, sans oublier la course Kids pour initier les plus jeunes à l’esprit Spartan dès le plus jeune âge (4 à 14 ans).
Mais la vraie star du week-end, celle qui a fait vibrer Morzine jusque dans ses moindres recoins, c’est évidemment l’Ultra 50K et ses 60 obstacles. Parce qu’on ne le répétera jamais assez : si vous voulez vous frotter à ce format extrême, Morzine est votre unique porte d’entrée en France. Un privilège qui a son prix, mais qui vaut clairement le détour.
Cette année, l’Ultra portait en plus la lourde responsabilité d’accueillir le Championnat du Monde Ultra Spartan. Autant dire que l’ambiance sur la ligne de départ était électrique, avec les meilleurs athlètes OCR de la planète venus se disputer la suprématie, toutes catégories confondues.
Petit clin d’œil au passage à la météo, qui aura fait trembler les organisateurs jusqu’au bout : en pleine canicule, plusieurs courses ailleurs en France ont dû être annulées ces dernières semaines (une pensée pour tous les sportifs privés de leur départ à la dernière minute). À Morzine, l’incertitude planait aussi, entre risques d’orages de montagne et chaleur écrasante. Mais le beau temps a fini par s’installer, et surtout, l’altitude a offert une fraîcheur bienvenue par rapport au reste du pays. De quoi courir dans des conditions clairement plus agréables qu’ailleurs, avec en prime les traversées de lacs directement intégrées au parcours pour se rafraîchir en plein effort. Alors merci le porté de buche aquatique 🙂
Une course, mille histoires
Comme toujours à Morzine, le défilé des nations a offert un moment suspendu, chargé d’émotion, juste avant que les choses sérieuses ne commencent. Et niveau démarrage, on ne peut pas dire que les organisateurs aient fait dans la dentelle : le départ s’élançait littéralement à l’assaut de la montagne, avec un dénivelé brutal (l’équivalent d’un demi-kilomètre vertical en seulement 2 km). Un profil encore plus exigeant que les KV habituels, histoire de planter le décor dès les premières minutes de course.
Sur le papier, l’édition 2026 s’annonçait différente de la précédente : boucles inversées, un dénivelé positif dépassant les 4000m, dans la même veine que l’an dernier mais ne vous y trompez pas, la difficulté était bien au rendez-vous. Comme le confiait une athlète après course, ici pas de gentils lacets de montagne bien propres, mais de vraies montées « droit dans le pentu ». Deux sommets à franchir, deux lacs d’altitude à traverser à la nage, et près de 75 obstacles disséminés sur ce tracé démentiel.
Le résultat ? Sur 1500 partants, à peine 30% ont eu l’honneur de fouler la ligne d’arrivée. Une statistique qui en dit long sur l’exigence du parcours. Entre la cascade de Nyon traversée deux fois (un vrai moment de grâce selon les finishers), la vue à 360° depuis la pointe d’Angolon avec le Mont Blanc en toile de fond, et les fameuses zones de « transition » où le combo chaleur/fatigue fait des ravages, cet Ultra 2026 aura marqué les esprits.
Une édition record, deux légendes couronnées
Cette édition 2026 restera dans les annales : plus de 11 000 coureurs ont posé le pied sur Morzine, un chiffre qui confirme l’ampleur prise par ce rendez-vous au fil des ans, pour sa troisième année consécutive dans les Alpes. Côté Ultra, ils étaient environ 1500 au départ, et parmi les 800 finishers (représentant pas moins de 46 nationalités), deux noms ont marqué les esprits.
Chez les hommes, Gregory Basilico a définitivement inscrit son nom dans la légende du sport. Déjà double Champion du Monde Beast (2024, 2025) et Champion du Monde Trifecta, il lui manquait la couronne Ultra pour compléter son palmarès. Chose faite : dominateur du départ à l’arrivée, il s’impose en 6h32’32, décrochant au passage son cinquième titre mondial. Derrière lui, la bagarre a fait rage entre Thibault Jean, Luca Pescollderungg et Jonathan Garcia, perturbée en fin de course par un souci de balisage qui a semé la confusion dans ce groupe de poursuivants. Jean termine finalement 2e, devant Antoine Freymond qui monte sur le podium pour la deuxième année consécutive.
Mais l’histoire la plus marquante du week-end vient sans doute du côté féminin, avec la victoire de Sabrina Daolio. Revenue d’une grave blessure ligamentaire, elle se tord la cheville dès le 7,8e kilomètre… et continue malgré tout, portée par la vue du sommet à franchir. Sept heures de souffrance plus tard, elle franchit la ligne en 8h17’21 pour décrocher un titre au goût particulier. Derrière elle, Külli Sizask et Ulrikke Evensen complètent un podium disputé jusqu’au bout, cette dernière ayant elle-même salué la performance de Daolio comme « la marque d’une vraie guerrière« .
Avec un taux d’abandon de 70% sur l’Ultra, chaque ligne d’arrivée franchie portait son lot d’histoires : un retour de blessure, une promesse tenue, une revanche à prendre. Pour ceux qui n’ont pas terminé cette année, la montagne, elle, ne bouge pas : rendez-vous est déjà pris pour 2027.
Vivre la course de l’intérieur
Cette année, Serge s’est lancé sur l’Ultra, et il n’était pas seul : Kevin l’a suivi tout au long du parcours, caméra à la main, pour nous plonger au cœur de l’action. Comme si vous y étiez, les courbatures en moins 😉
Un format 100% immersif qui permet de ressentir un peu de la difficulté et de l’intensité de ce que vivent les athlètes sur ce genre de distance.
Côté obstacles, pas de grand bouleversement cette année : la structure globale reste fidèle à ce que les habitués connaissent, avec toutefois deux nouveautés à se mettre sous la dent : le Multi Rig revisité avec des coupoles, et le fameux Hanging Wall, venus corser un peu plus la sauce sur un parcours déjà exigeant.
Sandra Cochini, l’incroyable résilience gréasquenne
Difficile de parler de Morzine 2026 sans évoquer la performance de Sandra Cochini. L’athlète de Gréasque, déjà sacrée championne du monde à deux reprises dans sa catégorie d’âge, s’est présentée sur la ligne de départ seulement quelques mois après la pose d’un stent. Un vrai symbole de résilience qui a d’ailleurs valu un bel hommage dans les colonnes de La Provence.
Après plus de 13 heures d’efforts sur les 56 kilomètres et 4000m de dénivelé du parcours, elle décroche une magnifique deuxième place mondiale dans sa catégorie, à seulement une demi-heure de la championne du monde. Mais l’exploit ne s’arrête pas là : sans même souffler, elle enchaîne dès le lendemain sur la Super 10K pour disputer la finale des Frances Séries, et termine… vice-championne de France ! Un doublé qui l’a fait sourire : « je déclare 2026, l’année du vice« , plaisantait-elle après course. Une belle leçon de combativité et d’humour, à l’image de cette athlète hors norme qui prouve, course après course, que la motivation n’a pas d’âge.
Devenir bénévole : l’autre façon de vivre une Spartan

Vous n’êtes pas encore prêt à sauter sur les obstacles mais vous voulez vivre l’ambiance de l’intérieur ? Sachez que Spartan Race propose de rejoindre l’aventure en tant que bénévole. En échange de votre coup de main sur l’organisation, vous profitez d’une inscription gratuite à une course, de repas, d’équipements et de nombreux autres avantages le jour J. Une super option pour découvrir les coulisses de l’événement, rencontrer la communauté et pourquoi pas, se donner envie de s’inscrire l’année suivante ! Et si vous êtes un athlète connu des obstacles Spartan cela vous permet d’alleger le coût de votre passion ce qui n’est pas negligeable non ?
Spectateurs : un week-end hors du temps, même sans dossard

Et pour ceux qui préfèrent encourager plutôt que courir, pas d’inquiétude : Morzine sait aussi chouchouter ses spectateurs. Entre le Festival qui ouvre dès le vendredi après-midi avec sa bonne ambiance, sa musique, ses stands de nourriture locale et son shop Spartan, difficile de s’ennuyer. Amis et famille peuvent se rendre aux points stratégiques du parcours pour voir leurs guerriers franchir les obstacles les plus emblématiques, et bien sûr, assister au moment magique de la ligne d’arrivée et de la fameuse médaille de finisher. Sans oublier la course Kids et la structure test du Festival, histoire que toute la famille puisse s’essayer aux obstacles sans pression… et qui sait, révéler les Spartiates de demain !
Un conseil pour 2027 : pensez à votre logement dès maintenant

Petit tip qui n’a l’air de rien mais qui change tout : pour l’édition 2027, ne négligez pas la réservation de votre hébergement. Le partenaire officiel Revolugo propose des tarifs négociés spécialement pour les Spartan Racers. Autant le dire clairement : plus vous réservez tôt, plus vous avez de chances de dénicher une bonne adresse proche du site, à un prix correct. Une info à garder précieusement pour ne pas se retrouver à galérer la veille du départ !
Objectif Trifecta : la quête ultime continue

Pour tous ceux qui ont bouclé leur Sprint, leur Super et leur Beast au cours de l’année, rappelons que Morzine permet aussi de valider sa fameuse Trifecta. Un badge d’honneur qui ouvre carrément les portes du Championnat du Monde Trifecta à Sparte, en Grèce, peu importe votre catégorie (Elite, Age Group ou Open). Une occasion unique de fouler la terre des légendes, là où tout a commencé.
Envie de retrouver les résultats complets ?

Si vous voulez creuser les classements, tous les résultats de cette édition 2026 sont disponibles juste ici : résultats officiels Morzine 2026.
Et maintenant, où courir ?

La saison Spartan ne s’arrête évidemment pas là ! Entre le Weekend Trifecta de Verbier début septembre 2026, le Championnat d’Europe à Saint-Raphaël en octobre 2026, ou encore Paris Jablines en septembre 2026, les occasions de se dépasser ne manquent pas d’ici la fin de l’année. Pour dénicher votre prochaine course parmi les 63 événements disponibles en Europe de l’Ouest, direction la page de recherche officielle Spartan.
Et déjà, 2027 se profile

Bonne nouvelle pour les fidèles de Morzine : rendez-vous est déjà pris les 2, 3 et 4 juillet 2027 pour une nouvelle édition du Championnat du Monde Ultra ! En attendant, la saison 2027 s’annonce riche avec le retour du mythique week-end de Carcassonne les 8 et 9 mai, celui de Sainte-Croix en juin, ou encore Valmorel en mars pour ceux qui veulent commencer l’année sur les chapeaux de roues. De quoi bâtir dès maintenant son calendrier de guerrier pour l’année prochaine.
Avec plus de 250 événements organisés chaque année dans plus de 40 pays, Spartan confirme sa place de leader mondial de la course à obstacles, rassemblant plus d’un million de participants annuels, du débutant à l’élite.
Une chose est sûre : entre son cadre à couper le souffle, sa fraîcheur bienvenue en plein été et son dénivelé sans pitié, Morzine confirme année après année qu’elle est le lieu parfait pour accueillir un événement de cette envergure.
Une chose est sûre : Morzine restera, saison après saison, ce rendez-vous à part où la montagne se charge de rappeler à chacun ses limites… et sa capacité à les dépasser. Aroo, Aroo, Aroo ! 🔥
Vous le savez, Spartan et Corff Mag c’est avant tout une grande histoire qui perdure depuis des années et des années, retrouvez tous les articles remplis d’obstacles et de medailles juste ici









